540ème semaine politique: ce mépris de classe qui abime Emmanuel Macron.


Où il est question de cet ego surdimensionné qui devient un mépris de classe chez Emmanuel Macron, raillé jusque dans les colonnes du New York Times.

Le mépris
Un historien américain pointe l’ego surdimensionné de Macron, un « président raté« , dans une tribune publiée par le New York Times qui fait grand bruit. Cette semaine de rentrée scolaire n’a pas fait exception aux dérapages egocentriques du jeune monarque.

Macron sort du bois, il se montre et parle. Il éructe quand on le contredit. C’est surréaliste. Le « cool » candidat est devenu un monarque sur les dents en si peu de temps. Même la presse la plus complaisante, la plus acquise à sa « transformation » réactionnaire le remarque.

Lundi 4 septembre, jour de rentrée des classes. Jupiter se met en scène dans une classe de jeunes enfants à Forbach. L’image sera belle pour les chaînes d’info. Et sur Twitter, Jupiter poste en son nom une video de l’évènement. Il apparait devant une classe pour souhaiter une « bonne rentrée: » « je voulais vous dire combien je me souviens de l’angoisse qui peut être la vôtre« … 

Macron n’a donc pas grand chose à dire, et rien à annoncer. Il est juste là pour se montrer. Pour montrer que sa décision, sans moyens, de réduire quelques classes de CP à 12 élèves était le début de la transformation. Rappelons que le candidat Macron a promis de réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat. Comme Nicolas Sarkozy en son temps, il s’agace soudain très vite devant l’irrespect d’un journaliste présent qui ose l’interroger sur sa stratégie de communication. Sacrilège ! Il fallait rester coi, silencieux; prendre des photos de Macron caressant la tête de quelques gamins. Le journaliste imprudent se prend la foudre jupitérienne: « Les journalistes ont un problème. Ils s’intéressent trop à eux-mêmes et pas assez au pays. (…) Vous ne me parlez que des problèmes de communication et de problèmes de journalistes, vous ne me parlez pas de la France.  » Cette violence surprend à peine. Macron a en commun avec Sarkozy qu’il ne supporte pas, viscéralement, que l’on lui renvoie une autre réalité que la mythologie qu’il tente de construire.

Mardi 5 septembre, Jupiter fait son discours de rentrée aux préfets. Un long discours de méthode, avec très peu de propos réellement politiques, sauf cette perle, qu’il chipe à son ministre de l’intérieur, quand il demande aux préfets plus de coordination avec les Agences régionales de santé pour identifier les suspects islamistes internés dans les hôpitaux psychiatriques, « un nouveau fait social qui est bien là. » Attardons-nous sur le propos: Macron confirme ainsi devant l’ensemble du corps préfectoral les propos de son ministre Gérard Collomb après les attentats de Barcelone quand il expliquait qu’il fallait commencer à débusquer les terroristes islamistes dans les hôpitaux psychiatriques…

Dans la même veine, il précise sa politique sur les réfugiés. En juillet, le ministre Collomb, encore lui, s’était fendu d’une sale et méprisante remarque sur les réfugiés de Calais en expliquant que le gouvernement allait installer deux centres d’accueil avec des « douches mobiles » afin d’éviter de « fixer les migrants dans un lieu« . Jupiter en rajoute: « Il faut réenvisager la reconduite à la frontière dans le sens de l’efficacité. »  Cette simple phrase, tweetée par Macron lui-même ce jour-là, n’est pas anodine:  
Macron laisse entendre, comme Marine Le Pen et la droite furibarde, que l’équipe Hollande/Valls était inefficace pour « refouler« . 

Misère de la pensée politique.

Macron tente de se montrer compatissant quand le cyclone Irma vient frapper et dévaster les Caraïbes. Il s’affiche rigide, flanqué de son premier ministre et de l’ineffable Collomb. A aucun moment, alors qu’il le sait et le comprend, Macron n’évoque -t-il les conséquences du réchauffement climatique. C’est un évènement humain, social et environnemental, commente Mélenchon. Replacer ce cataclysme dans cette histoire climatique est une évidence.

Un peu plus tôt, et « ce n’est pas une blague du Gorafi » commente le Parisien, Macron a publiquement demandé aux propriétaires de baisser de 5 euros par mois leur loyer pour compenser la réduction équivalente des aides au logement… « Plutôt que baisser APL il aurait été juste et efficace de taxer les transactions immobilières à plus de 10 000 euros /m2 . même recette! » lui rétorque la socialiste Marie-Noëlle Lieneman.

Mercredi 6 septembre, l’un des courtisans, Philippe Besson, commence la promo de son portrait louangeur du monarque – « Macron, un personnage de roman« . 216 pages à la gloire du nouveau Louis XIV. L’auteur ne cache pas son admiration. Il a suivi Macron 9 mois durant. Ces ouvrages « au contact » des candidats devenus présidents sont devenus une tradition de cette Vème République monarchique. Ils font parfois office de bombes à retardement. Nicolas Sarkozy s’était laissé suivre puis conter par Yasmina Reza. L’ouvrage fut court, et dévastateur pour celui qui était déjà au sommet de sa période Bling Bling. François Hollande fut raconté par l’écrivain Laurent Binet, plus critique et rapidement déçu par l’objet de sa prose. A son tour, Philippe Besson relate la conquête, et l’on découvre, entre autres, le mépris de Jupiter pour les intellectuels qui ne le soutiennent pas. Car c’est bien du mépris, et non pas un simple désaccord: « Ils ne m’intéressent pas tellement. Ils sont dans les vieux schémas. Ils regardent avec les yeux d’hier, le monde d’hier. Ils font du bruit avec de vieux instruments.(…) Ils n’aiment pas l’action politique mais vivent de son commentaire. Ils sont devenus des éditorialistes. Des esprits tristes englués dans l’invective permanente.« 

Macron est enfin Jupiter

Source: Sébastien Fontenelle

Macron est à Athènes, il s’adresse comme toujours à la « communauté française » expatriée dans les salons de l’ambassade locale. On ne sait jamais qui est invité à ces pince-fesses que Sarkozy affectionnait tant depuis la création d’une dizaine de postes de députés des Français de l’étranger. Ces adresses visent aussi à recruter auprès des expat’, une proie facile pour les dirigeants de droite. Jupiter lâche une formule désagréable une de plus: « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Et je vous demande d’avoir, chaque jour, la même détermination. » Ce n’est ni la première fois que ce mépris de classe s’exprime. On se souvient de sa remarque contre un ouvrier (« la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler« ), les « gens qui ne sont rien« , ou les « femmes illettrées » de l’entreprise Gad.

Devant le bad buzz qui enflamme rédactions et réseaux sociaux, les communicants de l’Elysée s’empressent de tenter de corriger le tir. Mais non, Macron ne parlait pas des Français ! Ben voyons !  

Le lendemain soir, la scène est grandiose. Jupiter a vu les choses en grand. Perché sur une estrade surplombant Athènes, le Parthénon éclairé au fond derrière lui, Jupiter a les mains accrochées sur un petit pupitre. Il a choisi cette colline de la Pnyx, un berceau de la démocratie. C’est bien beau, c’est même cocasse de se percher dans ce lieu où dans la Grèce antique, des assemblées de citoyens s’y réunissait pour débattre et voter les lois de la Cité alors qu’en France, au même moment, Macron passe en force sur une réforme du Code du Travail par ordonnance sans débat parlementaire. Contre cette loi Travail, qui créée le contrat de travail le plus précaire que la Vème République ait connu, CGT, France insoumise et quelques dizaines d’organisations appellent à manifester justement ce 12 septembre. « Abrutis, cyniques, fainéants, tous dans la rue les 12 et 23 septembre ! » tweete Melenchon.

« En compilant les notes de la direction du Trésor, j’aurais pu écrire la même chose en un après-midi », commente le jeune député socialiste Boris Vallaud, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée sous François Hollande.

« On peut être jeune et incarner une politique rance ». Boris Vallaud, à propos d’Emmanuel Macron.

Oui, on peut être jeune et incarner une politique rance. Macron habille sous un discours de modernité un retour aux années trente en matière de politique sociale et de rapports en entreprise. Il ne comprend visiblement pas l’évidente réalité, l’uberisation croissante de pans entiers de l’économie. Il s’acharne à faire du blairisme 15 ans après Blair; à se réfugier derrière les réformes Schröder/Hartz en Allemagne d’il y a 20 ans comme si la France avait une réunification à gérer. Il rappelle l’anachronique Balladur de 1993, l’osbtiné Juppé de 1995 et même le Chirac converti au libéralisme dents blanches des années 1986. Ce reflux du libéralisme bourgeois, réactionnaire, libéral et rance des années 1985-1995 ne fait pas illusion.

Tandis que Macron voyage, la députée LREM de la Sarthe est prise la main dans le pot de confiture. Marianne révèle que son agence de voyage facturait 119 euros des visites de l’Assemblée. Un autre se « met en congés » après avoir fracasser de son casque de moto un ancien camarade socialiste qui lui reprochait de l’avoir traité de raciste sur Twitter. Et un collectif de 9000 adhérents En Marche a décidé de porter plainte contre le mouvement présidentiel pour manque de démocratie.

La République en marche ressemble aussi à un cirque.

Ami macroniste, où es-tu ?

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