Trump devrait mettre fin à la protection des «dreamers»

Le président Donald Trump devrait annoncer mardi qu’il mettra fin à la protection des jeunes migrants qui sont entrés illégalement aux États-Unis alors qu’ils étaient encore enfants, selon des sources proches du dossier.

Cette mesure n’entrera toutefois pas en vigueur avant six mois, vraisemblablement pour donner le temps au Congrès de décider s’il souhaite ajuster la législation concernant le programme appelé «Deferred Action for Childhood Arrivals» (DACA) aux États-Unis.

Difficile de savoir pour l’instant ce qu’il adviendra des permis de travail de ces «dreamers» après cette période de six mois. Les deux sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat, n’ont pas précisé non plus ce qui arriverait si le Congrès n’arrivait pas à trouver une mesure de remplacement.

Le président Trump, qui jonglait avec cette décision depuis des mois, est reconnu pour changer souvent d’idée, et il n’est pas exclu qu’il recule sur sa décision.

La nouvelle a été annoncée en premier par le site Politico dimanche soir.

Le programme DACA, adopté sous la présidence de Barack Obama, protège de la déportation près de 800 000 jeunes sans papiers et leur permet de travailler à l’aide d’un permis de travail renouvelable tous les deux ans.

Le président Trump subissait les pressions de certains républicains qui menaçaient de poursuivre son administration si elle ne mettait pas fin au programme. M. Trump était tiraillé personnellement par cette idée.

Plusieurs de ces «dreamers» sont arrivés aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants et n’ont aucun souvenir de leur pays natal. Le terme «dreamers» («rêveurs», en français) provient du nom d’un précédent projet de loi visant à accorder un statut légal aux jeunes migrants sans papiers, mais qui n’a jamais été approuvé par le Congrès.

«Un sujet très difficile»

Pendant sa campagne à la présidence, M. Trump jugeait que le programme DACA offrait une «amnistie illégale» et avait promis de l’abolir. Mais depuis son élection, il semblait moins convaincu. Il a même dit à l’Associated Press que les personnes couvertes par ce programme pouvaient «dormir tranquilles».

«C’est un sujet très difficile pour moi, je vais vous dire. Pour moi, c’est l’un des sujets les plus difficiles», avait-il dit en conférence de presse en février. Il y a des enfants absolument incroyables, je dirais même, la plupart. J’aime ces enfants.»

Et pendant ce temps, son administration a continué à évaluer les demandes et à renouveler les permis, au grand dam de plusieurs partisans de la ligne dure en matière d’immigration.

«Si les nouvelles sont vraies, le président Trump devrait se préparer à un combat pour les droits civiques», a pour sa part écrit le sénateur démocrate du New Jersey Bob Menedez.

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