Après Alstom énergie et Technip, Airbus est-il menacé de passer sous contrôle américain ?

De noirs nuages s’amoncellent au-dessus d’Airbus empêtré dans plusieurs enquêtes sur des soupçons de corruption. Un audit interne, confié à un cabinet d’avocats new-yorkais, pourrait-il menacer le groupe d’une prise de contrôle américaine ?

Avec la prise de contrôle sans bourse délier du programme CSeries, l’activité moyen-courriers du canadien Bombardier, annoncée le 16 octobre au soir et saluée par la bourse, tout semble sourire au géant européen de l’aéronautique Airbus. Mais de sérieuses menaces planeraient pourtant sur son avenir, selon son président, l’Allemand Tom Enders. Dans une lettre envoyée le 6 octobre aux 134 000 salariés du groupe il annonçait : «Préparez-vous à vivre une période turbulente et déroutante». Il prévenait aussi que le groupe pourrait être amené à payer des amendes importantes dans le cadre de plusieurs enquêtes ouvertes en Europe (Autriche, Allemagne, France et au Royaume-Uni), sur diverses irrégularités dans des contrats de ventes d’appareils civils ou militaires.

Au Royaume-Uni, le groupe lui-même s’est signalé, en juillet 2016, auprès de l’UK Export Finance (UKEF) pour de possibles «anomalies» dans l’élaboration de dossiers de demande de financement auprès de cet organisme de crédit à l’export, cousin britannique de la COFACE française. Le groupe aurait omis de mentionner des intermédiaires commerciaux, ce qui est contraire à une loi britannique adoptée en 2006. Mais l’UKEF s’étant déclaré non-compétent, le dossier a été repris par le Serious Fraud Office (SFO) un organisme plus spécifiquement chargé de la lutte contre la corruption, en collaboration avec le parquet national financier (PNF) français. Airbus a depuis été privé de crédits de financement pour ses exportations au Royaume-Uni, mais aussi en France et en Allemagne.

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